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Le magazine 60 Millions de consommateurs publie, en partenariat avec la fondation Danielle Mitterrand France Libertés, un dossier sur la qualité de l’eau potable en France.

Des échantillons d’eau du robinet et d’eau en bouteille ont été analysés en ciblant 85 polluants d’origine humaine, pesticides, médicaments, ou perturbateurs endocriniens dont les phtalates et le bisphénol A.

Pour ce qui est de l’eau du robinet, 8 prélèvements sur 10 contenaient de un à quatre des polluants recherchés et, en ce qui concerne l’eau en bouteille, 10 des 47 échantillons présentaient des traces de pesticides ou de médicaments.

Parmi les polluants les plus fréquemment retrouvés figure l’atrazine, un désherbant interdit depuis 2001 mais qui est très persistant dans l’environnement et soluble dans l’eau. Côté résidus de médicaments, le tamoxifène, une hormone de synthèse utilisée dans le traitement du cancer du sein, est le plus souvent retrouvé.

10 % des échantillons d’eau en bouteille contenaient des traces de tamoxifène, soient les marques Mont Roucous, Saint Yorre, Salvetat, Saint Armand (Du Clos de l’abbaye) et Carrefour Discount (Céline Cristaline).

Du buflomédil et du maftidrofuryl, des vasodilitateurs, étaient détectés respectivement dans l’Hepar et dans la Saint Armand.

Des traces de désherbants atrazine et hydroxyatrazine étaient présentes dans la Vittel (Grande source), la Volvic (Clairvic), la Cora (Saint-Pierre), et la Cristaline (Louise).

Sur les trois bonbonnes analysées, des traces de diéthylphtalate ont été trouvés dans l’Obio et de bisphénol A, d’atrazine et de retardateur de flamme dans la Culligan Val-de-Marne.

« Si tous les micropolluants sont ici présents en très faibles teneurs, leur variété interroge sur les potentiels effets cocktail« , souligne 60 millions de consommateurs.

« L’eau que nous buvons aujourd’hui, au robinet ou en bouteille, est de bonne qualité. Mais si nous ne faisons rien, cela risque de ne pas durer« , est-il conclu. « Comment des résidus de pesticides ou de médicaments peuvent-ils se retrouver dans des eaux aussi protégées que les eaux minérales ? Cette question, il vaut mieux la poser maintenant avant qu’il ne soit trop tard…« 

60 Millions de consommateurs et la fondation Danielle Mitterrand France Libertés, qui se sont associés depuis 2 ans pour mener l’Opération transparence concernant l’eau potable en France, demande dans un manifeste pour l’eau potable, la tenue d’assises de l’eau, réunissant tous les acteurs concernés. »

Selon une étude de l’Anses publiée en février 2011, les médicaments les plus fréquemment retrouvés dans l’eau du robinet en France étaient l’anti-épileptique carbamazépine (Tegretol) et l’anxiolytique benzodiazépine oxazépam (Seresta, Sérax).

Dans un reportage diffusé sur France 3 en 2010, l’Association Santé Environnement France (ASEF), estimait que « que des millions de Français boivent une eau trop chargée en aluminium, nitrates, pesticides, médicaments et qui peut parfois même être radioactive » et que « les autorités le savent mais elles délivrent régulièrement des dérogations qui permettent de distribuer une eau impropre à la consommation« .

60 Millions et France Liberté ont publié une carte des dérogations aux normes de qualité de l’eau potable en France.

Voyez également:

Psychomédia avec sources: 60 millions de consommateursChallenge.